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Dans un nouvel épisode du podcast Cache et Vérité de Paykko, Teddy Kossoko reçoit Ayité Ajavon, fondateur de Africube.
Un entrepreneur qui a décidé d’attaquer frontalement un marché dominé par des mastodontes comme Nestlé ou Unilever : celui du cube alimentaire en Afrique.
Son ambition ?
Créer un cube 100 % naturel, fabriqué à partir d’épices locales africaines, et transformer une industrie agroalimentaire structurée depuis des décennies autour de produits importés et ultra-transformés.
Mais derrière cette idée simple se cache une réalité brutale : entreprendre dans la transformation locale en Afrique est l’un des chemins les plus difficiles.
Ayité n’a pas grandi dans un environnement entrepreneurial.
Né en France, élevé entre la Bretagne et le Togo, il grandit dans un foyer modeste, sans discussion autour de l’argent.
Comme dans beaucoup de familles africaines et diasporiques :
Son premier rapport à l’argent ? Les marques américaines des années 90 — Nike, Jordan — inaccessibles financièrement.
C’est aux États-Unis qu’il gagne ses premiers revenus.
Il importe des vêtements hip-hop en France via un site nommé XL Import. Son premier business informel.
Déjà, une leçon fondamentale :
👉 Observer un besoin non servi et agir.
L’idée d’Africube naît d’une publication Facebook :
« Les dangers du cube magique ».
En creusant, Ayité découvre :
Une question surgit :
Pourquoi les multinationales ne vendent-elles pas en Europe le même cube qu’en Afrique ?
Autre constat :
L’Afrique exporte ses épices brutes (gingembre, muscade, poivre) sans transformation, puis importe des produits transformés.
Il est structurel.
Africube veut inverser cette logique :
Quand Ayité décide de lancer Africube, il n’a pas de capital.
Aucune banque française ne finance un projet agroalimentaire au Togo.
Aucune banque togolaise ne finance un entrepreneur basé en France.
Sa solution ?
Un crédit à la consommation de 40 000 euros.
Avec cet argent :
Un an de développement.
Un an sans revenu.
Un an à dilapider chaque euro.
Quand Africube est présenté à la foire Made in Togo en 2018, le produit attire l’attention.
Mais le succès commercial immédiat n’est pas au rendez-vous.
On parle souvent de levées de fonds.
Rarement du sacrifice personnel.
Pendant plusieurs années :
Ce prix invisible, peu d’entrepreneurs africains l’expriment publiquement.
La solitude.
La pression.
Le doute permanent.
L’incompréhension familiale.
Mais aussi la conviction profonde que si on abandonne, tout ce sacrifice n’aura servi à rien.
Ayité observe un phénomène clair dans l’écosystème africain :
Les investisseurs financent principalement :
Mais très peu le secondaire :
👉 La transformation industrielle locale pour le marché africain.
Pourquoi ?
Parce que la transformation locale réduit la dépendance.
Elle garde la valeur sur le continent.
Elle modifie les équilibres économiques.
Africube ne vend pas pour exporter.
Africube vend pour nourrir les Africains avec des produits africains transformés en Afrique.
C’est un choix politique autant qu’économique.
Face au manque d’investisseurs institutionnels, Africube lance une levée de fonds auprès de la diaspora et des particuliers.
Ticket d’entrée :
Objectif :
Créer une entreprise financée par des Africains pour des Africains.
Un modèle qui fait écho à une idée plus large :
👉 Réactiver les mécanismes communautaires de financement.
Ayité conclut avec un message fort :
Même le plus pauvre a un pouvoir : son pouvoir d’achat.
Si nous n’achetons plus certains produits :
L’argent est un langage.
Et c’est souvent le seul que les grandes entreprises comprennent.
Pour Ayité Ajavon, Africube n’est qu’un symbole.
Le cube représente :
Mais demain, d’autres produits suivront.
Parce que le vrai combat n’est pas un cube.
C’est la place de l’Afrique dans la chaîne de valeur mondiale.
